un esprit contrarié et une humeur maussade
29 Septembre 2012
Je perds mes cheveux, je perds la mémoire, je perds la raison, je perds pied, je glisse sur une pente secrète, je m’enfonce, aspiré dans un trou de taupe. Le temps n’est plus le même, il s’écoule plus lentement dans les champs gravitationnels. Je remonte à la surface de l’univers où la vie sonne creux, où personne ne s’étonne de rien : Ich steh im Flor der abgeblühten Stunde [1]. Je ramasse de la poussière d’étoile avec un balai et une pelle. Mes yeux sortent de leurs orbites, toute cette obscurité me brûle, je n’ai plus de regard. L’hiver est déjà loin, sa rudesse s’efface des mémoires. La saison qui vient tourbillonne en moi. Vertiges de l’alcool, hallucinations, mirages, illusions surgissent de nulle part puis s’effacent, partent à reculons. La trajectoire du soleil ne croise jamais celle des planètes captives.
[1] Je suis dans la pleine efflorescence de l’heure défleurie (Paul CELAN)